Le guide
Mon surplus ne rapporte plus rien. Que faire ?
Si vous venez de découvrir que votre électricité injectée est rachetée 1,1 centime le kilowattheure, vous n'avez pas mal lu. Voici ce qui a changé, ce que ça coûte réellement, et les cinq options qui s'offrent à vous — classées de la moins à la plus rentable.
Ce qui a changé le 5 juin 2026
Le nouvel arrêté tarifaire, dit « S21 », a fixé le tarif d'achat du surplus à 1,1 c€/kWh pour les installations de 9 kWc et moins faisant l'objet d'une nouvelle demande de raccordement, avec une indexation annuelle de 2 %. Dans le même mouvement, la prime à l'autoconsommation a été supprimée pour ces installations.
Deux précisions qui comptent. D'abord, les contrats signés avant conservent leur tarif d'origine : si votre installation date de 2021 ou 2023, vérifiez votre contrat, vous êtes probablement mieux loti. Ensuite, ce tarif ne concerne que le surplus — l'électricité que vous consommez directement chez vous, elle, vous fait toujours économiser le plein tarif de votre fournisseur.
L'ordre de grandeur qui pique : une installation de 6 kWc produit environ 8 000 kWh par an et en injecte typiquement la moitié. À 1,1 c€, ce surplus rapporte de l'ordre de 45 € par an. Le même volume vendu à 10 c€ en rapporterait environ 400. L'écart n'est pas dans la production : il est dans le destinataire.
Les cinq options, de la moins à la plus rentable
1. Ne rien faire
Votre surplus part sur le réseau et vous touchez le tarif réglementé. C'est simple, sans effort, et cela n'a plus grand sens économique : la valeur créée par vos panneaux part à un prix symbolique. À retenir surtout comme point de comparaison.
2. Augmenter votre autoconsommation
Chaque kilowattheure que vous consommez au moment où il est produit vous évite d'acheter au prix fort. Déplacer le lave-linge, le lave-vaisselle et surtout la production d'eau chaude vers le milieu de journée est le geste le plus rentable qui soit, et il est gratuit. Un ballon d'eau chaude piloté sur la production solaire est souvent le meilleur investissement complémentaire d'une installation existante — il transforme votre chauffe-eau en stockage.
Ce qu'on ne vous dira pas toujours : le gain dépend entièrement de vos horaires de vie. Une maison vide en journée et un ballon non pilotable plafonnent vite.
3. Installer une batterie
Elle stocke le surplus pour le restituer le soir. Techniquement séduisant, économiquement exigeant : le coût par kilowattheure stocké reste élevé au regard de l'économie réalisée, et la durée de vie est finie. À étudier au cas par cas, jamais comme réflexe. Attention également : une inscription dans une « batterie virtuelle » est incompatible avec le partage local décrit plus bas.
4. Changer d'acheteur de surplus
Vous n'êtes pas obligé de vendre à l'acheteur historique : des agrégateurs proposent des contrats d'achat de surplus, parfois mieux valorisés, souvent indexés sur les prix de marché. C'est un gain réel, mais qui reste dans la logique « j'envoie mon électricité loin ».
5. Le vendre à un voisin
C'est l'option que presque personne ne connaît, et c'est de loin la plus rentable. La loi vous autorise à partager votre production avec des consommateurs proches — moins de deux kilomètres — via le réseau public. C'est ce qu'on appelle l'autoconsommation collective, encadrée par les articles L. 315-2 et suivants du code de l'énergie, et plus de deux mille opérations fonctionnent déjà en France.
Le principe : votre voisin — celui qui n'a pas de toiture bien orientée, qui loue, ou qui ne veut pas investir — achète votre électricité moins cher que son fournisseur, et vous la vendez bien plus cher que le tarif de rachat. Le prix est libre : c'est vous deux qui le fixez. Entre 1,1 centime et le prix de son fournisseur, il y a de la place pour que chacun y gagne.
Les objections légitimes, traitées honnêtement
Faut-il tirer un câble jusque chez le voisin ?
Non. L'électricité passe par le réseau public existant. Le partage est une comptabilité officielle des flux, réalisée par le gestionnaire de réseau à partir des compteurs communicants. Aucuns travaux, aucun câble, aucune modification chez l'un ou chez l'autre.
Dois-je résilier mon contrat de rachat actuel ?
Non — et c'est le point que tout le monde comprend de travers. L'énergie attribuée à vos voisins sort du périmètre du surplus ; votre contrat d'achat continue de s'appliquer sur ce qu'ils ne consomment pas. Le partage s'ajoute, il ne remplace pas.
Est-ce que je change de fournisseur ? Et mon voisin ?
Ni l'un ni l'autre. Chacun garde son contrat. Votre voisin reçoit simplement une facture de moins cher pour la part locale, et son fournisseur lui facture le reste, comme avant, acheminement compris.
Quelles sont les conditions ?
Trois, pas une de plus : la proximité (moins de deux kilomètres), des compteurs communicants Linky chez tous les participants, et une personne morale organisatrice exigée par la loi pour porter l'opération. Cette troisième condition est la seule vraie friction pour un particulier — puisqu'un particulier ne peut pas l'être lui-même. C'est ce rôle que des tiers, dont nous, peuvent assumer pour vous.
Y a-t-il des taxes qui vont tout manger ?
Non, et c'est une bonne surprise récente : pour les installations de moins de 1 MW — toutes les installations résidentielles — l'électricité partagée relève d'un tarif nul d'accise, ce que le Conseil d'État a confirmé le 30 mars 2026 en annulant une lecture restrictive de l'administration fiscale. En revanche, vendre de l'électricité crée un revenu, qui a un traitement fiscal : modeste à cette échelle, mais réel, et il faut le connaître avant de se lancer.
Combien de temps ça prend ?
Comptez de l'ordre d'un mois entre un dossier complet et la mise en service par le gestionnaire de réseau, et quelques semaines pour intégrer un participant supplémentaire ensuite. Ce sont ses délais, pas ceux du logiciel.
Par quoi commencer
Trois questions, dans cet ordre. Quel est votre tarif de rachat actuel ? Regardez votre contrat : si vous êtes à 1,1 centime, l'arbitrage est vite fait ; si vous êtes sur un ancien millésime plus favorable, l'écart est plus faible. Avez-vous un voisin intéressé à moins de deux kilomètres ? Un ami, un parent, un commerce, une association : le partage se construit d'abord sur une relation. Vos compteurs sont-ils des Linky ? C'est la condition technique, sans exception.
Si les trois réponses vous conviennent, la suite est administrative — et c'est exactement ce que nous prenons en charge.
Vendre mon surplus à mon voisin Voir les chiffres détaillés
Sources et dates. Tarif d'achat du surplus ≤ 9 kWc à 1,1 c€/kWh : arrêté tarifaire S21, nouvelles conditions applicables depuis le 5 juin 2026. Cadre de l'autoconsommation collective : articles L. 315-2 et suivants du code de l'énergie. Tarif nul d'accise pour les installations de moins de 1 MW : articles L. 312-79 et L. 312-87 du code des impositions sur les biens et services, confirmé par la décision du Conseil d'État n° 506355 du 30 mars 2026. Règles de répartition : décret n° 2026-561 du 26 juin 2026 et son rectificatif du 5 juillet 2026. Page publiée le 26 août 2026 ; ces informations peuvent évoluer et ne constituent ni un conseil juridique, ni un conseil fiscal.